2011 sept. 14
Une Aube Nouvelle ~ Chapitre 19
21:11 - Par Isilmë - Ěčĺåт(š) Đэ Ĺűйэ - Lien permanent
..~* Attention, ce passage fait partie d'une histoire en plusieurs chapitres, pour lire les autres billets, rendez-vous ici ! *~..
C’était le dernier jour des
festivités d’automne et conformément aux demandes de Camellya j’avais fait le
déplacement jusque dans la Comté. Trois longs jours de beuverie continue,
c’était comme ça que je voyais cet évènement avant d’en profiter avec elle.
J’avais été impressionnée par la quantité de monde se pressant autour du grand
arbre ornant la place centrale d’Hobbitbourg et par toute cette joie qui
émanait de chacun des participants. Certes, il y avait la boisson et mon amie
n’était pas la dernière à en profiter, mais l’ambiance ne ressemblait pas à
celle d’une taverne lorsque l’aurore approche.
J’étais fatiguée. Toute cette foule m’oppressait au point que j’avais hâte que
tout ceci se termine. Camellya était partie avant moi, peut-être avait-elle
compris que j’avais besoin de plus de temps pour me remettre des deux premiers
jours de fête ?
Distraite, j’observai d’un oeil appréciateur le motif de mon tatouage,
toujours un peu gênée à l’idée que quelqu’un puisse découvrir sa véritable
signification. Mon attention focalisée sur les volutes ne me permit pas de me
rendre compte qu’un Hobbit était affalé sur le chemin que j’empruntai. Je me
sentis basculer en avant. M'apprêtant à une lourde chute, je relevai les bras
pour protéger mon visage. Quelqu’un me retint et m’aida à retrouver mon
équilibre. Le temps de me retourner pour le remercier, il était déjà parti. Je
crus apercevoir une cape plus sombre que les autres se faufiler au milieu de la
foule. Au vue de la stature, il devait s’agir d’un homme mais rien ne
permettait d’affirmer qu’il s’agissait de la personne qui venait de m’aider.
J’époussetai ma robe - que j’avais choisi blanche à mon grand désarrois - et
contournai le Hobbit, oubliant l’incident.
Camellya n’était pas loin, assise à une table, un verre à la main, elle
semblait faire parti du paysage. Je l’observai un instant avant de m’approcher
d’elle. C’était une femme d’une grande droiture dont l’aura de gentillesse et
de fiabilité attirait les gens. J’admirais chez elle cette facilité à parler
avec tout un chacun et nouer de nouvelles relations, choses dont j’étais
parfaitement incapable. Alors qu’elle me faisait signe de m’installer à ses
côtés, je songeai à quel point nous étions différentes sur bien des points. A
commencer par son exceptionnelle capacité à boire une bonne dizaine de pintes
sans ciller.
- Tu es vraiment sûre de ne pas avoir de sang Nain ?
Elle éclata de rire.
- Toujours pas, mais tu serais surprise.
J’allais lui demander si la surprise venait de son quart de sang de Hobbit
quand la serveuse déposa deux verres sur la table.
- De la part du charmant jeune homme là-bas.
Elle désigna une table derrière elle. Voyant qu’elle était vide, elle
bredouilla quelques compliments au sujet du généreux inconnu mais je ne
l’écoutai plus. Suspicieuse, je regardai mon verre. L’odeur qui s’en dégageait
était agréable cependant j’avais eu mon compte de boissons et de nourritures
contenant drogues et autres médications.
- C’était pour toi visiblement. Quelqu’un de censé me commanderait une boisson
beaucoup plus forte.
Je haussai les épaules avant d’en boire une gorgée. Le vin était en effet
excellent et ne semblait pas contenir d'adjuvant nocif. J’essayai de profiter
de l’ambiance de fête qui régnait malgré mes difficultés à supporter tout ce
bruit. Le fait que ma compagne se frotte plus que de raison son poignet droit -
signe qu’elle était préoccupée par quelque chose - ne faisait que me rendre
plus nerveuse. Je me demandais ce qui pouvait bien la perturber alors que nous
étions typiquement dans un endroit correspondant à son caractère. J’allais
l’interroger quand un bruit se fit entendre, suivi d’une clameur qui se
propagea rapidement. Camellya arrêta une serveuse pour la questionner.
- Olalalala, le baladin de ce soir a dit qu’il ne viendrait pas. C’est que
c’est quelqu’un d’un peu connu, à c’qu’il paraît. Ça va faire du barouf.
Olalala, faut qu’j’y aille sinon vont tout casser, et qui va nettoyer après
?
J’avais espéré que mon amie resterait en dehors de tout ça. C’était peine
perdue. Camellya se leva et me fit signe de la suivre. Sûre d’elle, elle écarta
la foule et monta sur une table. Ses propos ne firent qu’augmenter mon
inquiétude.
- Allons, allons. Mes amis, nous sommes là pour nous amuser, n’est-ce pas ?
Avons-nous besoin d’un baladin connu pour cela ?
Je la vis sortir de ses affaires son théorbe et l’accorder tout en attirant
l’attention de la foule. Croyant que j’échappai au pire, je commençai à me
détendre en écoutant Camellya jouer quelques morceaux quand elle s’arrêta
brusquement.
- Voilà, qu’est-ce que vous en pensez ? Et si nous faisions appel à quelqu’un
de plus compétent que moi en la matière ? Mon amie, ici présente, est la fille
d’un grand musicien et conteur.
Je reculai de quelques pas. Elle n’allait quand même pas me faire ça ? Je la
vis tendre la main vers moi pour me faire venir à mon tour sur l’estrade de
fortune.
La vile. La perfide !
N’ayant pas le choix et voulant éviter d’agacer plus les spectateurs, je me
pliai à sa volonté.
- Fais honneur à ton père.
Vipère ! Traîtresse !!!
Maladroitement, je récupérai ma harpe et en jouai quelques accords pour délier
mes doigts, captant ainsi l’attention des festivaliers. Levant les yeux vers le
ciel, je constatai que les premières étoiles du soir illuminaient la scène. Le
crépuscule.. Pensant à mon père et à ses histoires relatant la splendeur de la
Forêt Noire, j’entamai ma première chanson.

Commentaires
Je crois qu'une précision très importante s'impose concernant ce chapitre : Tout comme le 18, il a été écrit après le 19.1. La décision de le placer avant vient des informations nouvelles données à la fin du 19.1 et parce que, depuis le début de la nouvelle, les .1 correspondent aux chapitres de Yadana (ce qui change par la suite, pour mon grand plaisir).
)
Quelque part, ce chapitre est totalement inutile, il fait juste une liaison, un parallèle entre ce que l'on vit de l'intérieur (puisque mes narrations sont à la première personne) et ce que l'on voit de l'extérieur. Pour cette raison, j'aime ce chapitre car il retrace (d'une façon légèrement différente) ce qui se passe dans le 19.1 .
(Et puis j'adore le visage de Camellya sur ce screen
Le Samedi 17 septembre 2011, 11:54 par Isilmë
Le chapitre 19 suit donc le déroulement des événements du 19.1, écrit sans consulter Isilmë. Au final, c'est moi qui lui impose le rythme et les réactions principales de Yualë.
Plus d'infos dans le commentaire du 19.1
Quant à la capture, c'est la plus belle de Camellya à ce jour.
Le Jeudi 22 septembre 2011, 23:54 par Yadana
Bonus (j'avais oublié de le mettre) :
Les accords de Camellya étaient ceux de la mélancolie. Laissant sa mélodie me bercer, je me souvins du temps où je n'avais pas les mêmes préoccupations, où tout me semblait si simple. La joie et le bonheur de chevaucher seule ou en compagnie d'Arlienon, sans aucune obligation. Je comprenais ce qu'elle pouvait ressentir, lorsque le passé et les jours heureux se rappellent à nous, la musique ne peut que nous trahir..
Le Dimanche 25 septembre 2011, 02:12 par Isilmë