2011 sept. 6
Une Aube Nouvelle ~ Coriolan’s Hope (15.1)
11:51 - Par Yadana - Ěčĺåт(š) Đэ Ĺűйэ - Lien permanent
..~* Attention, ce passage fait partie d'une histoire en plusieurs chapitres, pour lire les autres billets, rendez-vous ici ! *~..
Coriolan regardait le feu
danser dans la cheminée. Perdu dans ses pensées, il laissa son esprit
vagabonder et revenir sur des souvenirs qui lui semblaient désormais si
précieux. La première fois où sa route avait croisé celle de Yualë, aux portes
de la Moria, à Echad Dunnan, et les compliments de l’Elfe. Puis au Belvédère
enfoui où il lui servit de guide. Tout s’était enchaîné très vite. Elle avait
rejoint Malta a Miril et leurs rencontres s’étaient faites de plus en plus
nombreuses, mais totalement fortuites, du moins pour sa part. Qui suivait
l’autre ? Il n’osait croire qu’elle le poursuivait, bien que secrètement il le
souhaitait, mais pouvait-il vraiment espérer représenter un quelconque intérêt
aux yeux de la belle Elfe ? Le jeu du chat et de la souris avait finalement
cessé, les courriers se multipliaient et leurs rencontres étaient devenues de
doux rendez-vous. Coriolan savait que son aimée cachait une profonde blessure,
mais lui faisait suffisamment confiance pour lui laisser le temps nécessaire à
ses confidences. Il se souvenait avec émotion de la soirée passée au bord du
lac de Lézeau, là où, même si leurs sentiments l’un envers l’autre étaient déjà
dévoilés, il lui avait déclaré son amour inconditionnel en prenant la lune à
témoin. Quoi qu’il lui en coûte...
« Quoi qu’il m’en coûte. » Ces mots qu’il avait prononcés ce soir-là revenaient
en écho dans sa tête depuis que l’expédition de Yualë s’éternisait. Connaissant
son goût pour les voyages, Coriolan ne s’était pas inquiété quand elle lui
avait annoncé son départ. Les mois passaient et l’exercice intensif auquel il
se livrait chassait le doute de son esprit. Il trouvait cependant le temps long
et l’absence de courriers de son aimée lui pesait. C’est à cette époque que
Camellya avait prononcé à plusieurs reprises les mots « Je ne peux pas vous
protéger de tout, je suis désolée ». S’il n’y avait pas vraiment prêté
attention sur le moment, tout cela faisant sens à présent, à la lueur de ce
qu’il avait appris. Sa capitaine, son guide, son mentor et amie avait essayé de
le mettre en garde et de le préparer aux événements.
Il rendait visite à Camellya ce fameux soir, pour récupérer des baumes et
discuter. La présence des deux montures de Yualë dans les écuries lui avait
fait bondir le cœur. Il avait demandé à la voir, mais la capitaine l’avait
retenu par le bras et fait asseoir à une étude, devant une pile de lettres. «
Lis. », lui avait-elle intimé avec toute la fermeté dont elle savait faire
preuve. Était-elle blessée, disparue... morte ? Il chassa cette hypothèse de
son esprit et entama la lecture d’une première missive. L’écriture de sa douce,
cela lui était adressé directement. La main était hésitante, les mots évasifs,
mais il lui semblait deviner les sous-entendus entre les lignes. Malgré la
maladresse des courriers, il finit par comprendre ce qui avait été perdu. Alors
que les larmes coulaient le long de ses joues, Camellya tentait de le
réconforter en posant ses mains sur ses épaules. Elle ne cessait de répéter
combien elle était désolée et l’avait pris dans ses bras. « Tu n’y es pour
rien. », avait-il articulé entre deux sanglots. Et il s’était laissé aller à
son chagrin.
Tout naturellement, il avait exigé à voir les carnets de voyage de son aimée et
s’était enfermé dans une des résidences pour les lire, espérant y trouver des
réponses, voire même un espoir. Au fil des pages, Coriolan découvrait les
sentiments de Yualë à son égard, un amour tendre et passionné, et ce depuis
leur première rencontre. Alors elle le suivait vraiment... Si ces révélations
emplissaient son cœur de joie, la tristesse n’était pas loin. Car il était
évident que celui qu’elle avait tant aimé était celui qu’elle avait oublié.
Pourquoi ne lui avait-elle rien dit de ce mal qui la rongeait ? Malgré tout, il
n’était pas en colère après elle. Aurait-il pu faire quelque chose de plus pour
qu’elle se confie à lui ? Avait-il manqué de prévenance ? Manifestement, elle
avait cherché à le protéger, elle avait peut-être même eu honte de son état de
faiblesse. Ce que le gardien qu’il était pouvait aisément comprendre.
Dans un premier temps, il s’était demandé si tout était vraiment perdu. La
magie serait-elle dissipée s’ils se revoyaient ? En aucun cas il ne voulait
nuire à sa bien-aimée, il était même prêt à s’exiler au loin pour la préserver.
Il se souvint alors de l’amour d’enfance de Yualë qu’elle avait visiblement
revu plusieurs fois depuis son premier traitement, sans que cela n’influe sur
son état. Tout espoir était donc permis. Elle l’avait oublié, mais cela ne
signifiait pas qu’elle ne pourrait pas l’aimer à nouveau. Qu’à cela ne tienne,
il s’appliquerait à créer de nouveaux souvenirs, partagés cette fois. Oui, il
avait enfin pris sa décision.
L’âme et le cœur apaisés, Coriolan avait rédigé une lettre pour Yualë où il
exposait ses conclusions. Il ne lui en voulait pas. Il espérait qu’elle
aimerait de nouveau, il en était même certain. Il avait espoir que ce serait
lui, mais il ne voulait pas l’influencer ou la forcer à quoi que ce soit.
Satisfait, il emballa également un petit cheval en bois, l’un de ses derniers
souvenirs d’enfance au Rohan.
Il avait demandé à Camellya de les transmettre à Yualë de sa part. Plus de
temps à perdre, il devait préparer son plan de reconquête. Il revêtit un
haubert bleu frappé d’un aigle blanc sur la poitrine, arrangea ses cheveux en
queue de cheval et se glissa dans une cape sombre. Coriolan jeta un dernier
coup d’œil derrière lui, dans la maison. Il aurait encore besoin de l’aide de
son amie capitaine. Et, si jamais ça ne se déroulait pas comme prévu, il lui
restait un tout dernier recours. Il visualisa, en haut d’une des étagères, la
fiole que Balsarn lui avait procurée après maintes plaintes. Si ça tournait
mal, il boirait le contenu de la fiole. Il n’oublierait pas, ça non, mais
jamais plus il ne souffrirait de son absence. Son cœur et ses sentiments
seraient figés. Alors, il partirait loin, emmenant les souvenirs et les
fragments de ses amours. Mais ça, il s’était bien gardé d’en parler à Camellya.
Il ferma la porte, ajusta sa capuche et partit dans la nuit.

Commentaires
J'ai toujours eu une image particulière de la lecture des carnets par Coriolan.
Coriolan l'a toujours crue droitière, car par habitude et surtout pour ne toucher personne de sa main gauche, elle fait tout de la droite. J'ai déjà écrit dans un autre commentaire qu'elle écrit de la main gauche et j'ai précisé dans la nouvelle que la qualité des carnets se dégrade au fur et à mesure du temps. Si les soins d'Arlienon permettent d'améliorer la situation dans un premier temps, ils ne sont quasiment plus efficace vers la fin de leur voyage. Pour cette raison, j'imagine Coriolan lire les lettres et les carnets tant dans le contenu que dans la forme.
Yualë est quelqu'un de sincère et d'honnête, cela ne veut pas dire qu'elle exprime à voix haute ses sentiments ou qu'elle raconte facilement ce qu'elle est. Mais dans ses carnets, c'est un peu comme si elle posait son cœur sur la table, elle décrit tout : Les situations, ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense, ce qu'elle apprend, ce qu'elle sait, toutes ses réflexions. Elle se livre totalement. Malgré les sentiments qu'elle a pour lui, lui exprimer les choses avec la même liberté qu'elle a dans l'écriture lui est difficile.
Lire ce qu'elle écrit, c'est un peu comme une nouvelle rencontre, apprendre vraiment qui elle est. La fin de son dernier carnet de voyage est consacrée à la relation qu'elle avait avec Coriolan, ce qu'elle sait de lui et tous ses souvenirs. J'imagine Coriolan lire tout ça, la redécouvrir complètement, sans aucun artifice ni secret et voir les effets de sa malédiction tant dans ses mots que dans leur forme. Pour moi c'est un moment très touchant et sans doute pour lui à la fois très dur et émouvant.
Le Mercredi 21 septembre 2011, 11:43 par Isilmë
Tadam, mon deuxième chapitre ! Écrit en solo aussi.
J'ai pris le temps de raconter leur relation du point de vue de Coriolan. Leur première rencontre, l'évolution de leur relation, ses sentiments à lui. Et surtout son attente pendant le voyage de Yualë, son ressenti par rapport à ce qu'il apprend à son retour. Puis ses questionnements sur l'avenir. Ce qui le fait le plus souffrir, c'est qu'elle ne lui aie rien dit. Il se reproche de ne pas avoir su voir ce qui n'allait pas, de ne pas avoir su être plus à son écoute. Le cheminement de ses réflexions est un peu semblable à celui que j'ai eu quand Isilmë m'a parlé de la malédiction et de l'oubli pour la première fois. Il l'a attendue longtemps, il l'aime trop pour ne rien tenter.
Et j'ai même prévu un plan de secours, si ça ne se passe pas comme prévu.
Un petit mot sur la tenue de Coriolan. Il change de vêtements pour qu'il n'y ait pas d'éléments communs avec le passé et pour masquer son appartenance à Malta a Miril.
Pourquoi un haubert bleu ? Il abandonne un temps son insigne de confrérie pour ne pas éveiller les soupçons de Yualë quand ils se rencontreront, mais il tient à marquer discrètement sa loyauté envers Camellya, le bleu étant la couleur de la capitaine.
Le Jeudi 22 septembre 2011, 01:24 par Yadana
Chapitre 14 : "À l'intérieur, se trouvait un homme attablé à une étude, lisant quelque chose, debout derrière lui se tenait une femme, les mains posées sur ses épaules. Je ne pouvais distinguer leur visage ni comprendre les mots qu'ils échangeaient. La fatigue m'a soudain envahie, comme si elle avait patiemment attendu son heure, je me suis allongée à leurs pieds et me suis endormie."
Ce passage fait évidemment référence à celui-ci. C'est aux pieds de Coriolan que Yualë s'endort à la fin de son voyage.
Le Dimanche 25 septembre 2011, 02:05 par Isilmë
@Isilmë : Moment très difficile pour Camellya, d'ailleurs.
Le Lundi 26 septembre 2011, 00:10 par Yadana