2011 sept. 4
Une Aube Nouvelle ~ Chapitre 15
13:29 - Par Isilmë - Ěčĺåт(š) Đэ Ĺűйэ - Lien permanent
..~* Attention, ce passage fait partie d'une histoire en plusieurs chapitres, pour lire les autres billets, rendez-vous ici ! *~..
16 octobre
XXX5
Les différents entretiens que j'ai pu avoir ces derniers jours avec
Camellya n'ont fait qu'accroître ma sensation de malaise. Inconsciemment, elle
répond à mes questions, parfois par deux messages différents et
contradictoires. Je comprends sa position, de par ses propos et ses
attitudes, je sais que la personne dont j'ai oublié jusqu'au nom est quelqu'un
de son entourage. Elle semble souffrir de ne rien pouvoir faire d'autre que de
nous soutenir et nous écouter tous les deux, ce genre de situation sort
peut-être de celles qu'elle a l'habitude d'affronter.
Elle m'a demandé d'attendre, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un caprice, mais
une raison sous-tend sa requête, bien qu'elle ne m'avoue pas laquelle. A-t-elle
besoin de moi pour quelque chose ? J'en doute, elle a pour coutume de gérer les
choses seules. Je pense plutôt que qu'elle attend qu'il prenne sa décision.
Peut-être a-t-elle peur que je disparaisse à nouveau ? Ou bien simplement
peut-être aimerait-elle pouvoir nous réunir d'une façon ou d'une autre
?
Je lui ai demandé son aide afin de faire tatouer ma main. Je suis persuadée
que j'aurais la possibilité de faire effacer les marques de ma malédiction par
quelqu'un, mais je n'en ai aucune envie. Je souhaite les garder pour moi, pour
ne jamais oublier ce à quoi j'ai réchappé et les erreurs à ne plus faire. Mais
je ne veux inquiéter personne, un tatouage fera penser à une coquetterie de ma
part, pour tout étranger cela sera plus simple à accepter. Je n'ai pas envie de
voir un regard de dégoût ou que quelqu'un refuse de me prêter assistance en cas
de danger car ma main est la preuve de ce à quoi j'ai réchappé. J'ai fait de
nombreux dessins, sur papier et directement sur ma paume, une fleur accompagnée
de volutes remontant sur mon avant-bras me semble le plus adapté et le plus
naturel compte tenu de ma nature Elfique.
Camellya m'a affirmé qu'elle me présenterait un nain qui pourrait adapter
mon dessin afin qu'il soit appliqué sur la marque. Elle a finit par me
convaincre d'en faire une rune (selon elle, son ami me l'aurait lui-même
demandé), j'ai choisi le mot "protection" à la fois car il est celui qui me
représente le plus et ce à quoi j’aspire. Sur ce bras qui soutient un bouclier,
ne pourrait-il pas m'aider à offrir mon aide à ceux qui me sont chers ? Elle
m'a appris que les siens avaient également une signification, notamment celui
qu'elle a sur le poignet, l'amour éternel qu'elle voue à celui qui lui est
cher.
Puis-je moi-même prétendre encore à ce genre de chose ? En admettant que ce
que j'ai oublié n'efface en rien mes sentiments envers cette personne, celle-ci
pourra-t-elle me pardonner ce que j'ai fait ? Tant de questions et si peu de
réponses.. Camellya parle volontairement par énigmes et je ne souhaite pas lui
en demander plus. S'il n'y avait sa volonté de me faire rester dans la Comté
durant un temps encore, j'aurais peut-être déjà repris la route pour rencontrer
Galadriel.
La Dame est sans nul doute la seule personne capable de m'expliquer les
mécanismes de son propre sortilège. Ce que je sais actuellement ne m'a été
transmis que par les connaissances limitées que mes parents en avait. C'était
certes suffisant pour savoir à qui m'adresser, mais incomplet pour en connaître
toutes les conséquences.
Galadriel devait pressentir mon refus, je la sais capable de lire l'avenir
et elle m'a indiqué qu'elle m'attendait. Est-ce en connaissance de cause
qu'elle m'a ainsi fait prendre son produit à mon insu ? Ou tout simplement car
mon temps était trop limité pour en perdre à discuter inutilement. Ce soir là,
je me sentais à bout de force, l'engourdissement de ma main avait depuis bien
longtemps envahi mon bras et mon épaule, grignotant petit à petit du terrain
jusqu'à ma poitrine. Y aurait-il eu de funestes conséquences si le maléfice
avait atteint un organe aussi important que le cœur ?
Lorsque le temps viendra, je retournerai dans la Forêt d'Or et lui poserai
moi-même mes questions. Pour l'heure, je vais me contenter de demander à
Arlienon de récupérer mes vêtements et attendre que l'on me rende mes carnets.
Camellya doit avoir ses raisons.
Attendre sagement semble être mon laïus, Je vais en profiter pour m'occuper
de Menelyan et Fanyarë, durant ces huit mois de course contre le temps, ils
m'ont transportée à travers les plaines comme les bois, ils méritent toute mon
attention. Autant commencer dès à présent.
Je refermai le carnet que je venais d'entamer et le laissai sur l'étude que
Camellya avait mis à disposition. Attrapant une cape sur mon trajet, je sortis
dans la fraîcheur du soir. Menelyan trottina à ma rencontre et posa sa lourde
tête sur mon épaule. Lentement, j'encerclai son cou et commençai à
murmurer.
- Bonsoir mon ami, es-tu là pour me réconforter ? On dirait bien que vous vous
occupez mieux de moi que je ne m'occupe de vous.
Fanyarë se colla à moi, m'écrasant contre son compagnon. Je la repoussai avec
douceur mais fermeté avant de m'occuper d'elle. Après avoir vérifié que nulle
blessure n'aurait pu leur porter préjudice et constaté que Camellya s'était
occupée elle-même de leur confort. Je fus prise d'une envie subite de
chevaucher Menelyan. Je sautais avec légèreté sur son dos et, bien que n'ayant
pas ma selle ni ma position habituelle - gênée par ma robe qui me forçait à
monter en amazone - il comprit tout de suite le signal. Je m'agrippai à sa
crinière tandis qu'il partit au galop à travers les chemins du village. A côté
de nous, Fanyarë suivait le rythme de l'étalon, mais elle finit par se faire
distancer, constatant son absence à ses côté, Menelyan ralentit et revint sur
ses pas pour la rejoindre. J'en profitai pour descendre de ma monture et
observer l'endroit où il m'avait menée.
Le lieu était paisible, le bord d'un lac calme et visiblement poissonneux. Au
loin je distinguai quelques maisons, des gens entraient et sortaient de chez
eux, je les entendai rire et s'amuser. Je m'installai sur la berge et
contemplai l'autre rive, écoutant les chants et la joie qui émanait de la fête.
Sans bruit, je me mis à sangloter, j'avais la sensation que jamais plus je ne
pourrai sourire comme ils le faisaient.

Commentaires
Dans son carnet, Yualë fait référence à diverses discussions entre elle et Camellya (issues de nos sessions rp).
Camellya n'aborde pas de front le sujet, elle détourne régulièrement la conversation pour parler d'elle et de son amour égaré. Ce n'est pas une discussion qu'elle apprécie, elle se confie très peu à ce sujet habituellement, mais c'est pour elle le moyen d'envoyer des signaux à Yualë, de la tester en quelque sorte. Camellya fait également tout pour retenir l'Elfe dans la Comté, pour des raisons qui ne vous échapperont plus quand vous aurez lu le prochain chapitre
Le Jeudi 22 septembre 2011, 00:57 par Yadana
"Pour l'heure, je vais me contenter de demander à Arlienon de récupérer mes vêtements et attendre que l'on me rende mes carnets. Camellya doit avoir ses raisons."
Ce passage est volontairement flou. J'ai toujours pensé que les gens avaient un certain instinct qu'ils écoutent plus ou moins. Cette chose qui fait que nous avons une bonne ou une mauvaise impression sur quelqu'un dès le premier regard ou bien qui fait que nous sentons quand quelque chose est faux.
Lorsque la malédiction est levée, Yualë perd en échange tous ses souvenirs avec la personne qui lui est la plus chère. Restait la question de ce qu'elle y gagne en dehors de sa guérison. Yualë reste un certain temps sous forme de louve, cela ne développe pas son instinct, mais la pousse à l'écouter bien plus.
Lorsque Camellya lui dit qu'Arlienon a ses carnets, elle devine qu'elle ne dit pas la vérité mais elle l'accepte. Elle a confiance en Camellya, elle ne peut pas les avoir gardés pour une mauvaise raison. Elle ne dit donc rien et ne lui en parlera d'ailleurs jamais.
Ainsi s'explique la séparation entre ce qu'elle va demander à Arlienon et la petite phrase concernant Camellya.
Le Jeudi 22 septembre 2011, 02:22 par Isilmë