2010 sept. 11
Printemps Lunaire ~ Empreintes
18:03 - Par Isilmë - Ĭšĭĺмэ - Lien permanent
..~* Attention, ce passage fait partie d'une histoire en plusieurs chapitres, pour lire les autres billets, rendez-vous ici ! *~..
- Nous aurions dû prendre une monture !
C'était la troisième fois qu'Amaterasu faisait cette remarque et je commençais à perdre patience. Je savais qu'elle avait raison, mais le répéter ne changerait rien à la situation. Une pensé surgit soudain, tellement choquante que je m'arrêtais de marcher.
- Mais qu'est-ce que tu fais Isilmë, si tu t'arrêtes tout le temps on n'y arrivera jamais.
- Je sais, je sais !
Sans pouvoir me contrôler, je me mis à rire tout en marchant.
- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle !
- Je croyais que c'était moi la plus sage des deux et que tu étais celle qui avais mauvais caractère, tu n'as pas l'impression qu'on a inversé les rôles depuis qu'on est dans ce fichu désert ?
Elle me regarda comme si j'étais folle, elle s'apprêtait visiblement à me répondre lorsqu'elle disparut subitement de mon champ de vision, ce qui - loin de m'inquiéter - me fit encore plus rire. Je m'approchais tout de même d'elle et lui tendis la main pour l'aider à se relever quand je remarquais sur quoi elle avait trébuché. Je lui lâchais aussitôt la main, ignorant ses protestations et commençais à creuser autour de la botte que je distinguais.
- Mais qu'est-ce que tu fais !?
Je ne pris pas la peine de lui répondre, je savais que d'ici quelques secondes elle serait à mes côtés pour dégager le corps recouvert de sable. Au bout de quelques minutes, Amaterasu m'appela, elle avait trouvé la tête de la jeune femme ensevelie et avait besoin de mon aide pour la dégager. En apercevant son visage, je blêmis, elle était peut-être morte et tout ce trajet n'aurait servit à rien.
- Il va falloir faire vite, on a perdu trop de temps, je ne suis pas sûre qu'elle survive à cette expédition.
Nous parvînmes à la sortir de son sarcophage de sable après quelques minutes d'effort, Eva seule pouvait savoir comment elle avait survécu en dessous, mais elle respirait faiblement.
- Nous aurions vraiment dû prendre une monture..
Malgré mon inquiétude au sujet de la mourante, je pris le temps de soupirer.
- Elle doit avoir ses affaires près d'ici, essaye de trouver des linges comme nous avons pour nous protéger.
Tandis qu'Amaterasu fouillait dans la tente que nous avions découverte durant nos recherches, je m'employais à faire boire de l'eau à la survivante après lui avoir ôté son masque. Il ne fallut que quelques gouttes d'eau glissant sur ses lèvres pour qu'elle réagisse, posant ses mains sur l'outre et faisant couler le filet directement dans sa bouche. Elle ouvrit alors les yeux, me fixant de ses pupilles félines.
- J'ai trouvé ce qu'il faut.
- Parfait, occupe-toi d'elle un moment, je vais voir ce que je peux faire.
Amaterasu prit ma place tandis que notre protégée finissait de boire. Je sortis de mon sac un instrument que je réservais pour ce moment, ne sachant pas vraiment si cela allait fonctionner. Je fermais les yeux et jouais une mélodie qui fut aussitôt emportée par le vent. Contre toute attente, un pas lourd y répondit et Andùril fut bientôt à mes côtés. Je fis glisser mes mains dans sa fourrure jusqu'à atteindre sa gueule que j'entourais des linges pour la protéger. Je pris ensuite la bride que j'avais caché au fond de mon sac, la passais autour de son large poitrail puis me tournais vers Amaterasu qui me regardait avec de grands yeux, versant l'eau au sol.
- L'eau..
Elle se reprit aussitôt et ferma l'outre.
- Tu m'as fait marcher durant tout ce temps alors que tu avais une monture ?
Andùril gronda, n'aimant visiblement pas le ton de ma sœur, je flattais son encolure pour le calmer.
- Il n'est pas encore très sociable et je ne pensais pas qu'il viendrait jusqu'ici, ce n'est pas vraiment le lieu de prédilection des loups. Et puis il n'est pas encore assez fort pour porter quelqu'un, j'espère juste qu'il pourra nous aider quand nous aurons finit de préparer un brancard qu'il pourra tirer.
Je m'approchais de la tente et entrepris de la démonter, je pris les longues branches flexibles qui servaient à maintenir l'ensemble et je les attachais sur les côtés de mon loup, j'entrepris ensuite de les lier ensemble avant de créer un lacet de corde que je recouvris par la toile de tente. Je pris ensuite les affaires de la rescapée et les déposais de chaque côté de Andùril dans des paniers de fortune. Pendant ce temps Amaterasu l'avait déjà aidée à se déplacer et s'occupait de placer autour d'elle les tissus de sa tente. Je vins ensuite l'aider pour placer autour de notre compagne une cordelette afin qu'elle ne tombe pas durant le trajet.
Je saisis la bride de mon loup et, jetant un coup d'œil sur la position des étoiles que l'on percevait à travers les nuages de sable, je pris ce qui semblait être la direction de la forêt.
- Isilmë, il va falloir que tu m'expliques ce que tu fais avec un gros loup blanc..
- Promis, mais pendant que nous marchons. Je vais te surprendre, mais j'en ai assez de tout ce sable.
Ce fut à son tour de rire et il me sembla entendre un gloussement provenant de la civière.
..~*~..
Cela faisait plusieurs jours qu'il n'y avait pas eu de mouvement auprès des portes autre que le va et vient des gardes qui s'ennuyaient probablement autant que lui. Il soupira à nouveau, faisant s'envoler une de ses mèches claires qui balayait son visage. Sérieusement agacé à l'idée qu'il ait pu laisser échapper sa proie, il donna un coup de pied rageur dans un champignon, provoquant aussitôt un épais nuage de pollen. Voyant sa réaction, il se dit qu'il allait finir par devenir fou s'il continuait à arpenter ce désert comme un lion en cage.
Il attendit un moment d'inattention des sentinelles, se glissa à travers une des portes et s'enfuit vers la forêt.
Retrouver le calme et l'odeur des arbres lui fit du bien, il marcha un long moment sans prêter attention au trajet qu'il empruntait, ne s'occupant que de combler son esprit en manque de verdure. Ce ne fut que lorsqu'il se retrouva dans le verger qu'il fronça les sourcils. Bien qu'irrité par la faculté qu'avaient ses pieds de l'amener toujours ici, il se résolu à suivre le sentier, attrapant une pomme et des fleurs se trouvant sur son trajet.
Il poussa le petit portail et marcha à travers les tombes, il ralentit en s'approchant de celle qu'il visitait toujours lorsqu'il venait dans cette région. Ce n'était pas comme s'il en avait envie, c'était plutôt le contraire, cela le contrariait fortement, mais il ne parvenait pas à s'en empêcher. Il s'arrêta au milieu du chemin, le regard posé sur le soleil qui déclinait et lâcha les fleurs sur la stèle se trouvant à sa gauche en n'osant pas la regarder. Il resta là sans bouger, observant la course des astres et finit par laisser ses yeux glisser vers la pierre, la nuit l'empêchait de lire le nom qui y était gravé mais il n'en avait pas besoin, se penchant sur elle, il gratta la mousse qui s'y était installée depuis sa dernière visite, puis il partit.
Retourner sur son perchoir l'exaspérait plus que sa visite forcée au cimetière et les heures qu'il passa à attendre ne furent pas sans penser à la pierre glacée qui surplombait maintenant son corps.

Commentaires
Toujours aussi agréable à lire et toujours autant de suspens pour certain personnage, j'attends encore la suite pour en savoir un peu plus ^^
Le Samedi 11 septembre 2010, 20:00 par Vincent
J'confirme pour le suspens, j'ai hâte de voir la suite ><'
Le Samedi 11 septembre 2010, 23:01 par Alugen
Je vais essayer de continuer comme ça alors =x .
Le Lundi 13 septembre 2010, 08:41 par Isilmë