2009 mar. 26
Lumière Cendrée ~ Chapitre 11
22:26 - Par Isilmë - Ĭšĭĺмэ - Lien permanent
..~* Attention, ce passage fait partie d'une histoire en plusieurs chapitres, pour lire les autres billets, rendez-vous ici ! *~..
Au fond, je n'avais eu qu'une vie courte et pleine de regrets. J'avais passé ma vie à obéir à des personnes qui ne me voyait que comme un objet utile et facilement remplaçable, je n'avais pas eu de famille et la seule personne qui avait posé un regard doux sur moi avait disparu comme si elle n'avait jamais existé.
Meurtrie par ses considérations, je pleurais lorsque je m'assis dans l'herbe qui entourait le jardin aquatique où je me trouvais. Autour de moi, tout n'était que splendeur, chaque plante, chaque arbre, chaque animal était un hymne à la vie, à la beauté et à l'harmonie. Chacun était à sa place ici, je n'étais qu'un furoncle au milieu de cet endroit magnifique comme je l'avais été dans le Temple.
Au bout de quelques temps, je finis par sentir une présence non loin de moi, je redressais la tête et vis face à moi la créature la plus splendide qui soit, l'elfe qui me faisait face avait une chevelure d'un bleu magnifique qui ondulait au rythme de ses mouvements, quelques étoiles de mer y étaient disséminées, rendant l'impression d'eau encore plus réelle. Elle avait le visage le plus doux que l'on puisse imaginer et les yeux du bleu le plus pur qui existe. Son corps était parfait et était orné d'une simple robe de tissu bleu rappelant la couleur de ses yeux. Elle me regardait intensément, semblant attendre de moi une réponse à ses questions muettes. Voyant que je n'ouvrais pas la bouche, elle finit par s'exprimer de sa voix mélodieuse.
- Isilmë, pourquoi pleures-tu ?
En ce lieu enchanteur, plus rien ne m'étonnait, même pas le fait qu'une telle créature puisse connaître mon nom.
- Je me sens étrangère encore, faut-il que même dans la mort je ne sois pas à ma place ?
- C'est vrai que tu n'es pas à ta place ici, mais ce n'est qu'une question de temps, un jour tu pourras te reposer ici et ce sera dans ce décor que tu passeras ton éternité.
Elle marqua une pause.
- C'est également vrai que tu n'étais pas à ta place dans ce Temple, mais tu devais subir cette épreuve pour être prête à voir et ressentir ce qui feront vivre ton âme éternellement.
Je lui lançais un regard à la fois interrogateur et mauvais. Je n'avais, à mes yeux, parcouru que la moitié du chemin, les épreuves et plus rien.. D'autant que j'avais échoué à celles-ci.
- Je sais que tu penses avoir raté la totalité de ta vie et qu'il n'y a plus rien que tu puisses faire maintenant, mais si tu es ici, c'est que je désire te rappeler que je serai toujours près de toi, quoi qu'il advienne..
Eva se baissa vers moi et m'enlaça. Je fus prise de sanglots, honteuse d'avoir été jusqu'à douter de son existence et rejeter ma foi. Elle sécha mes larmes avec la tendresse d'une mère et attendit patiemment que je me calme, je n'arrivais qu'à balbutier des "Pardon" entre deux hoquets.
- Il faut que tu ais confiance et que tu te battes ma fille, lorsque le moment viendra, tu comprendras le sens de tout ceci et tu n'auras plus de regret. Tu as appris une leçon très importante, les apparences sont trompeuses et la solitude ainsi que le rejet fait souffrir.. Armée de ces savoirs, je sais que tu feras de grandes choses pour moi..
Je rugis entre deux sanglots.
- Mais comment !? Je n'arrive même plus à lancer la plus simple des bénédictions !
- Je n'en suis pas si certaine, maintenant que tu as la certitude que j'existe, je sais que tes pouvoirs vont renaître d'eux-mêmes.
Elle me caressa les cheveux.
- Aie confiance en toi, tu verras que tu as la force qu'il faut pour te relever..
Elle me releva le visage vers elle.
- Tu dois te réveiller Isilmë sinon tu n'auras vraiment rien accompli.
L'univers tout entier sembla happé par le chaos à ses mots et je me retrouvais seule dans la neige. Aussitôt, je me redressais et bougeais frénétiquement pour retrouver l'usage de mes membres engourdis. Tandis que je me réchauffais doucement, je regardais autour de moi afin de trouver quelque chose pour m'abriter. Il n'y avait rien, c'était comme si le monde s'était endormi sous la blancheur de l'hiver en une seule nuit.
Armée d'un nouveau courage, je fermais les yeux et suivis mon instinct pour la première fois depuis longtemps. Je repris ma marche dans la neige, confiante en l'avenir.
..~* Fin de la première partie *~..
