[ Note : Ceci est un background extrêmement court, écrit en seulement deux heures, qui a pour unique but de travailler la façon de parler de Fengari. Je ne l'ai donc pas relu ni corrigé ce qui fait qu'il y aura probablement des tas de répétitions et des fôtes d'orthographe.
Peut-être que lorsque j'aurais le temps et l'envie je l'enrichirai ? ]
Partir sans se retourner, c'est exactement l'expression qui me caractérise le mieux. Je suis une adepte des voyages sans regrets et surtout sans jamais revenir en arrière. C'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui les gens me regardent de travers, pas parce que je ne change pas au fil des ans. Oh ! Mais j'en oublie le principal, laisse-moi me présenter, je suis Fengari de Lleyanen, aventurière. Comment ? C'est pas un métier ? Laisse-moi rire, s'en est un : Je voyage pour gagner de l'argent au cours de mes balades et de temps en temps je trucide quelques monstres dans le coin et on m'offre même des trucs à manger. Et ouais, ça t'en bouche un coin ! T'aimerais pouvoir en faire autant plutôt que de rester à traire tes vaches !
Bon, où j'en étais, ah oui, c'est vrai, tu m'avais demandé qui j'étais et ce que je faisais dans la vie, mais ta première question avait été "Pourquoi tu voyages ?", c'est difficile de répondre à cette question, mais comme tu as une bonne tête je vais essayer de te répondre.
En vérité, je ne voyage pas vraiment pour le plaisir, je le fais parce que je n'aime pas rester au même endroit, c'est pour ça que je peux me permettre de te répondre : Je sais que d'ici deux jours, je ne serai plus là et je n'aurais pas à subir ton regard condescendant ou plein de haine selon ton avis sur ma vie. Comment ? Tu ne juges la vie de personne ? Tu plaisantes ?Des gens comme toi j'en ai rencontré des dizaines et vous êtes tous les mêmes, vous vous complaisez dans votre pseudo sainte vie alors qu'en fait vous collez une étiquette à tout le monde dès le premier regard, le pire c'est que même quand vous met le nez dans votre réagissez comme si on était les agresseurs. N'importe quoi.
Enfin bref, où j'en étais.. Ah oui, je ne reste que trois jours dans chaque ville que je visite parce que c'est suffisant pour comprendre comment y sont les gens et pas assez pour s'attacher à l'endroit ou à quelqu'un, ce qui serait synonyme de la fin de mes voyages. Cette habitude m'est venue il y a quelques années, alors que je partageais mon repas avec quelqu'un autour d'un feu de camp, exactement comme avec toi en quelque sorte. Le type était quand même beaucoup plus séduisant, il avait réussit à m'embobiner avec ses paroles mielleuses, il a faillit arriver à ses fins d'ailleurs, c'est quand il a essayé de me déshabiller que j'ai compris que les hommes dans son genre, j'allais avoir l'occasion d'en rencontrer des tas et que je n'avais aucune envie qu'ils posent les mains sur moi. Rien que d'y repenser j'ai envie de vomir. Depuis j'ai pris la décision d'éviter que ce genre de situation se reproduise, je ne suis pas une dinde qu'on farcit. Oui je suis crue. Mais que tu y mettes des jolis mots ou que tu l'expliques comme je le fais, les choses restent identiques.
Bref, à la suite de ça, j'ai fait en sorte qu'on évite de se faire des idées sur mes intentions et à force de temps, ben je me suis rendue compte que trois jours c'était parfait, ni trop, ni pas assez. J'ai déjà visité beaucoup de régions et de villages, il y a vraiment des contrées magnifiques. J'ai appris quelques trucs pour subvenir à mes besoins, je sais tuer des animaux et traiter leur peau pour faire des vêtements et même si je suis une piètre cuisinière, je ne meurs jamais de faim. J'ai rencontré des nains qui m'ont appris à tirer des filons les meilleurs métaux pour faire des lingots, je les échange ensuite contre ce qui me manque, parce que je ne sais quand même pas tout faire ! Voyager c'est pas compliqué, le plus dur c'est juste de faire le premier pas. Mais nous continuerons cette histoire demain, je vois que tu tombes de sommeil, après tout il nous reste deux jours !
Je vois que mes derniers propos t'ont intrigué. Oui, je suis formelle, le premier pas coûte beaucoup. Il demande du courage malgré l'inconnu qui t'entoure, au bout d'un moment on s'y fait. Ah. Effectivement c'est une bonne question, dans mon cas j'avais une bonne raison, je n'étais pas la bienvenue où je me trouvais et on me le faisait sentir chaque jour. En fait, je n'étais pas dans ma famille d'origine, c'est ma tante qui s'occupait de moi et elle le faisait parce que ma mère l'avait forcée. Je ne vais pas me plaindre, j'avais à manger, à boire et un lit pour dormir, mais les journées étaient difficiles, je devais partir avec mon oncle dans la forêt et l'aider à son travail - il est bûcheron - c'est vrai que si j'avais été adulte ça n'aurait pas posé de soucis, le truc c'est que j'avais douze ans et que j'aurais préféré qu'on m'envoie plutôt m'amuser avec mes copains et qu'on me permette d'aller plus souvent à l'école. Cette éducation là j'ai du la faire seule, heureusement que je voyage justement, les gens sont souvent gentil et m'apprennent de nouvelles choses. Il y a peu, j'ai rencontré un elfe qui m'enseigne la musique, je sais jouer quelques morceaux mais je crois bien que je ne suis pas très douée, face à lui j'ai l'impression que toutes mes notes sont fausses.
Oui, ma mère ne pouvait plus m'avoir dans ses pattes. En vérité l'histoire de ma naissance est un récit à lui tout seul. Ma mère était une femme qui voulait s'extraire de son milieu, elle ne supportait pas l'idée de passer sa vie dans un village perdu au milieu d'une contrée devenue pauvre. Son rêve était de conquérir la ville, de devenir riche et célèbre entre autres choses. Mais bon, la vie étant ce qu'elle est, elle n'est jamais sortie de son village, mes grands parents ont cédés à ses caprices durant quelques années et puis ils l'ont mariée avec l'une des petites fortunes du village voisin. Ma mère était bien traitée, elle aurait pu être heureuse, mais comme je l'ai dit, elle aspirait à autre chose qu'une vie où il faut faire la nourriture pour un homme qui rentre du travail le soir et écarter les cuisses pour lui faire plaisir une fois la marmaille couchée. Aussi, elle était très malheureuse, elle se plaignait constamment, à ce qu'on m'a dit, s'il n'y avait pas eu les enfants son époux aurait finit par la jeter dehors.
Oui, j'ai bien dit "son époux", mais j'y viens. Il y a eu plusieurs hivers très rudes et durant l'un d'entre eux un elfe du nom d'Estrenell s'est perdu dans la région où vivait ma mère. Dans le village, les elfes n'avaient pas très bonne réputation, il faut dire ce qui est, c'était un trou perdu et on rejette toujours ce qu'on ne connait pas. Les habitants ont tous prétexté quelque chose pour ne pas avoir la charge d'une bouche - elfique en plus - de plus à nourrir. Seule ma mère s'est portée volontaire, elle estimait que ça allait changer son ordinaire, Estrenell a eu tôt fait de la séduire et de s'inviter dans sa couche durant les moments d'absence de l'époux cocu. La morale c'est que ma mère est tombée enceinte et que ce bébé n'est autre que moi. Mais je vois que ton regard se fait plus suspicieux, tu commences à douter, tu devrais partir te reposer, si demain tu viens me voir je te raconterai la fin de ma courte histoire.
Et bien, je n'aurais pas cru que tu serais revenu, mais je lis de la curiosité dans tes yeux. Ah, je comprends, c'est que tu veux être sûr que je ne me suis pas trompée ! C'est vrai, j'aurais pu être la fille de l'époux de ma mère, mais tu vois, j'ai plus de quarante ans et je n'ai pas changé depuis ma majorité. Et puis d'ailleurs, personne dans ma famille n'est roux ni n'a la couleur de mes yeux alors que cet elfe.. On m'a dit qu'il était particulier et que les elfes n'agissent jamais ainsi, on a tenté de me bercer de légendes où on apprend qu'ils n'ont qu'un grand amour, mais tout ça ce n'est que du blabla. Une fois l'hiver terminé, fi des promesses, il est parti le plus vite qu'il a pu, laissant ma mère enceinte et dans les ennuis jusqu'au cou ! Au final, ma mère a réussit à berner son mari en lui faisant croire que dans une branche lointaine de sa famille il y avait des femmes à la chevelure de feu. Mais elle avait tellement peur qu'on puisse deviner mon ascendance qu'elle m'a empêché de sortir de la maison durant des années, je n'avais même pas le droit d'aller dans le jardin par crainte qu'un voisin me voit et découvre son secret. Quant à son époux, soyons clair, il est plutôt niais, elle n'a eu qu'à lui dire que j'étais malade et que je ne supportais pas l'air du dehors pour le convaincre de la nécessité de me garder confinée entre quatre murs.
J'ai donc grandit la plupart du temps dans ma chambre. Rien d'intéressant là dedans évidemment, mais la femme du maire était particulièrement curieuse et elle prit partit de faire du chantage à ma mère : Soit ma mère me présentait à elle, soit elle ferait en sorte que son époux retire une partie des terres de celui de ma mère. Bien sûr, elle a tenté de s'y opposé, mais son mari est rentré dans une colère noire lorsqu'il a appris qu'elle aurait été capable de sacrifier ses terres pour éviter de montrer une gamine. Ce qui devait arriver arriva. Lorsque la femme du maire m'a vu, elle a tout de suite compris pourquoi ma mère me cachait et étant une pie bavarde elle l'a dit à tout le monde dans le village. Lorsque mon beau-père a appris le mensonge de ma mère, il lui a laissé le choix : Soit elle me faisait partir pour qu'il retrouve sa dignité, soit il la mettait dehors.
Et oui, c'est comme ça que je me suis retrouvée chez ma tante. Elle a vite fait son choix, en fait, je me souviens de ce jour, elle lui a répondu directement sans hésiter. Elle a beau toujours avoir eu des aspirations pour changer de vie, elle n'aurait jamais risqué de perdre ce qu'elle avait. Quant à l'elfe, je suppose qu'il a engrossé d'autres femmes, il n'est jamais revenu voir ma mère en tous cas. De temps en temps, je vais visiter mon village, sans me montrer évidemment, ma mère y vit toujours, sans doute pleine de rêves d'un futur qu'elle ne vivra jamais. Je sais que d'ici quelques temps, lorsque je reviendrai, je ne verrai que mes demi frères et mes demi sœurs occuper joyeusement la maison, aujourd'hui j'ai plutôt l'air d'être l'un de leurs enfants plutôt qu'une partie de la fratrie..
Voilà, tu en sais assez sur ma vie pour pouvoir te faire ton idée sur celle-ci et sur qui je suis. Je sais que tu penseras à moi durant quelques jours, mais les vicissitudes de la vie feront que bientôt je ne serai plus qu'un lointain souvenir. Et pour clore cette dernière journée, permet-moi de te jouer un petit air pour illustrer mes propos, je les trouve tout à fait adaptés.
Si les feuilles tombent à l'automne, parsemant le sol d'étoiles de bronze, je ne suis que le vent qui traverse d'une brise légère la forêt sans en troubler le calme.
Si l'hiver saupoudre de son manteau blanc chaque lieu endormi, je ne suis que le souffle discret des êtres qui sommeillent à l'abri de la tempête.
Si la toile du peintre s'orne de couleurs quand vient le printemps, je ne suis que l'ombre délicate d'un vert profond qui décore les feuilles de lierre.
Si l'été annonce la venue de l'astre étincelant qui illumine autant les corps que les cœurs, je ne suis que la Lune cachée par la lumière mais veillant toujours sur ceux que j'aime.
A jamais oubliée et pourtant toujours présente, je suis Fengari de Lleyanen, celle qui se cache dans tes souvenirs.
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