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Yvain, Le chevalier au lionArthur n’aimait pas les traditions des jours charnels. Il appréciait seulement le bal masqué qu’il donnait le soir du mardi gras, le reste ne lui rappelant que trop les sacrifices qu’il avait fait pour sa femme. Il avait été jusqu’à abandonner sa religion pour elle et adopter les rites qu’elle lui avait demandé. Elle était persuadé que son Dieu les punissait pour les croyances “païennes” de son époux et que c’était pour cette raison qu’elle ne parvenait pas à tomber enceinte. Il avait abandonné tout un peuple, rompu toutes ses promesses par amour pour elle et aujourd’hui il ne lui restait que des regrets.
Il fut tiré de ses pensées par Perceval qui lui secouait le bras.

- Arthur, si tu ne t’intéresse pas plus à ce qu’il se passe devant toi, les gens vont se poser des questions.

Il porta son regard sur l’estrade. Depuis près d’une heure défilaient là des gens déguisés portant tous des masques affreux, ils se rapprochaient de la loge royal, puis prenait la pose en espérant être sélectionnés. Il n’avait cependant rien vu d’exceptionnel et les quelques personnes gardées pour l’instant l’étaient par défaut plus que pour autre chose. Cinq nouveaux prétendants s’avancèrent, il y avait une petite fille parmi eux, il ne put s’empêcher de sourire en la voyant suivre les directives de sa mère et mimer des attitudes qu’il trouvait adorable. Il fit un léger signe dans sa direction et, comprenant qu’elle était choisie, elle vint se placer en sautillant au pied de l’estrade. Yvain lui donna un coup de coude.

- Arthur, tout de même, le principe est de choisir le plus affreux, non pas la plus ravissante des enfants.
- Elle n’est pas choisie, elle est juste avec ceux qui ont leurs chances. Elle a l’air tellement heureuse.

La gamine ne cessait de tourner sur elle même tant elle était excitée.

- Je te l’accorde, mais essaie de respecter le principe du défilé.

Yvain se désintéressa lui-même du spectacle et commença a caresser son lion qui s’était allongé à ses pieds. Arthur observa ses chevaliers, il les connaissait depuis bien longtemps, mais jamais ils ne les avaient vu autant de mines triste parmi eux. Le départ de Lancelot avec Guenièvre avait précipité bien des choses, il avait parfois la sensation que le temps de la Table Ronde touchait à sa fin et qu’il lui faudrait bientôt accepter le déclin inévitable du royaume. Il n’avait plus le courage d’endosser toutes ces responsabilités seul et le fait de constater qu’il avait autour de lui tant de gens qui déformaient ses actes et ses paroles le déprimait. A qui pouvait-il faire confiance ? S’il s’agissait de champ de bataille, il aurait confié sa vie les yeux fermés à n’importe lequel de ses chevaliers, mais concernant le royaume, aucun d’entre eux n’avait les connaissances nécessaires pour l’aider. Seul Kay aurait pu le soutenir, mais il avait déjà bien à faire avec ses propres terres.
Yvain et Perceval avaient raison, il devait cesser de se préoccuper de ça pour le moment et tenter de se plonger dans l’ambiance des festivités. Il tourna la tête vers l’estrade et sursauta en lâchant un petit cri. L’homme qui se trouvait le plus à droite avait un masque qui semblait un peu trop réel et représentait sans peine un visage en putréfaction. De là où il se trouvait, il sentait une légère odeur de vase expliquant certaines tâches de couleur. Il fit signe à l’homme de rejoindre les autres et ne pu réprimer une grimace de dégoût lorsqu’un tas de boue se détacha du masque en entraînant quelques dents.

- Excellent choix, Arthur.
- Je paris qu’on tient là notre vainqueur.
- Il faudrait déjà qu’il arrive à passer l’épreuve des grimaces.

Arthur sembla un instant désespéré.

- Rappelez-moi qui a mis en place le programme de la journée que j’aille lui tordre le cou.

Un concert de “c’est toi !” lui répondit ce qui le fit sourire. Malgré tous les problèmes qu’ils avaient affronté dernièrement, ses chevaliers lui restaient fidèles et c’était là le principal. Il fit mine de se lever.

- Très bien, il ne me reste plus qu’à aller me jeter du haut d’une falaise, au moins j’échapperai à mes corvées de la journée !

Il fut tiré en arrière par quelques mains qui l’obligèrent à reprendre sa place accompagnées par force grommellements. Indécis, les concurrents présents sur l’estrade à ce moment là se demandèrent quoi faire et, persuadés d’avoir fait peur au Roi, s’ajoutèrent d’eux-mêmes à ceux qui avaient passé la première épreuve.

- Et bien voilà, à cause de toi cela va durer encore plus longtemps. Arthur, tiens-toi tranquille, ou ça ne se terminera jamais !

Penaud, mais ravi d’avoir pu aider à détendre l'atmosphère, Arthur laissa filer la fin des sélections le sourire aux lèvres. N’ayant pas vu plus d’une dizaine de participants convainquant supplémentaires, seules une trentaine de personnes devaient se présenter pour la seconde épreuve. Celle-ci consistait en un concours de grimaces, le masque, une fois enlevé, devait dévoiler un affreux visage, l’assemblée s’attendait au pire et le défi était de ne pas les décevoir.
Malgré leurs efforts, les participants ne parvenaient pas à laisser une forte impression et les spectateurs commençaient à s’ennuyer. Le bruit d’un bâton tombant au sol les tira de leur torpeur. Dans le silence de l’assemblée, une petite fille se mit à pleurer. L’homme qui avait le plus impressionné peu de temps auparavant s’était avancé et avait lâché sa canne afin de pouvoir retirer son masque. Celui-ci avait continué de se désagréger durant l’attente, d’autres dents manquaient au point que la mâchoire inférieure était présent totalement absente, dévoilant un trou qui semblait béant d’où s’échappait parfois un liquide visqueux d’une couleur jaunâtre peu engageante. La partie haute du masque n’était pas en meilleur état et l’un des yeux glissa hors de son orbite alors que l’inconnu portait ses mains à son visage.
L’assemblée retint son souffle, il allait en falloir beaucoup pour les impressionner bien plus que le déguisement lui-même. Le masque semblait collé au visage de son propriétaire si bien que celui-ci fut incapable de l’enlever en un seul morceau et dû se contenter de l'émietter petit à petit.  Ce qu’il dévoilait laissait une impression de chaire à vif, comme si les morceaux qu’il retirait était en fait sa peau. Comprenant la répulsion mêlée à la fascination des gens autour de lui, Arthur éleva la voix alors que l’homme n’avais pas encore terminé de retirer son masque.

- Vous pouvez vous arrêter. Quel est votre nom ?
- Hoël, votre Majesté.
- Je crois qu’il n’est pas nécessaire de faire durer les choses, vous êtes notre Roi d’un Jour. Rassurez-moi cependant, vous êtes juste doué pour vous grimer, vous n’êtes pas une sorte de monstre.
- Pas le moins du monde, votre Majesté. On m’a juste aidé un peu pour appliquer tout ce maquillage

Arthur hocha la tête et se tourna vers son peuple.

- Etes-vous d’accord avec ce choix ? Cet homme a-t-il le masque le plus affreux et ses mimiques sont-elles à la mesure de son déguisement ?

A ces mots, Hoël sourit, ce qui déforma encore plus les traits de son visage. Les personnes présentes acquiescèrent bruyamment. Arthur fit un geste de la main et plusieurs hommes entourèrent Hoël, l’encourageant à s’asseoir sur une chaise étrange imitant le trône royal. Hoël s’installa sans faire d’histoire et fut transporté au milieu de la foule en direction du palais. Ce soir, les deux rois allaient manger côte à côte et pour cela, il valait mieux que le Roi d’un Jour puisse se changer en une tenue plus convenable et surtout moins tâchée de liquides étranges.
Arthur observa la foule suivre le trône de pacotille et ne put s’empêcher de sourire. Il avait beau détester les Jours Charnels, il appréciait de voir son peuple heureux. A ses côtés, les chevaliers s’étaient levés et s’apprêtaient à partir, il remarqua cependant que Mordred le fixait sans qu’il soit capable de déterminer si ce regard était bienveillant. Mal à l’aise, il détourna la tête et rejoignit Kay qui l’attendait non loin de là pour rentrer au palais.

- Alors, Arthur, satisfait de ton choix ?
- Je m’en passerais si je le pouvais.
- Allons, allons, les choses changeront avec le temps, tu arriveras à prendre goût à toutes ces festivités. Qui sait, peut-être que dans un an ou deux nous verrons une dame dans la loge royale ?

Perceval pouffa de rire.

- J’ai quelques doutes sur le sujet, à moins que la dame ne soit en réalité l’une de ces dindes qui semblent s'agglutiner autour de lui dès qu’il fait un mouvement en dehors du palais.
- Moque-toi de moi.. Elles m’épuisent.
- Fais attention Arthur, tes propos pourraient très bien êtes mal interprétés.
- Quoi que je dise de toute façon, vous trouverez un moyen d’en tirer les pires conclusions.

Yvain posa sa main sur l’épaule du Roi.

- Crois bien qu’on serait tous content si ce genre de chose devait arriver.

Arthur ne cacha pas sa surprise. Il avait passé tant de temps à devoir faire ses preuves ces dernières semaines à cause du départ de Guenièvre, que le souhait de ses chevaliers lui allait droit au coeur. Peut-être qu’en fait, ce qu’il pensait être des mines tristes était seulement le reflet de sa propre humeur. Il sourit, le reste de la journée lui semblait à présent moins difficile à supporter.

- Merci Yvain.
- Allez, ne les fait donc pas attendre. Si ça se trouve, au milieu de toutes ces jeunes filles qui ont autant de cervelle que le chien de Bohort, il y en aura une qui saura retenir ton attention !

Cette remarque lui fit aussitôt penser à la sarrasine, il avait pourtant fait tout ce qu’il pouvait pour chasser sa présence de son esprit durant la matinée. Il avait envoyé des gardes partout pour la chercher et cela n’avait rien donné. Peut-être avait-elle quitté la ville ou bien peut-être Aurhyn n’était qu’un nom d’emprunt ? Il n’en savait rien et cela ne faisait qu’attiser son envie de la revoir. S’il voulait refaire sa vie auprès de quelqu’un, il ne voulait pas d’une femme passive, mais de quelqu’un capable de faire preuve d’intelligence et de lui tenir tête si cela s’avérait nécessaire. Lorsqu’il avait compris ses propres désirs, il s’était interrogé au sujet de Guenièvre. Comment diable avait-il pu l’aimer à ce point alors qu’elle n’avait jamais été capable de faire autre chose que d’acquiescer ou de demander des choses en pleurant ? Il s’était laissé plus d’une fois attendrir par sa tristesse, mais son caractère lui semblait bien loin de ce qui l’attirait réellement.
Tout à ses pensées, il ne remarqua son arrivée au palais que lorsque ses pas le conduisirent naturellement vers la salle du trône. De nombreuses personnes s’affairaient déjà là, préparant le bal qui devrait avoir lieu dans quelques jours. Il s’assit sur une chaise dans un coin de la pièce et finit par remarquer la présence d’un homme non loin de lui. Si le visage souriant de celui-ci ne lui disait rien, il reconnu aussitôt la silhouette d’Hoël.

- Je constate que vous n’avez pas menti, vous n’avez rien d’un monstre.
- Vos gardes ont vérifié plus d’une fois avant de me laisser rentrer dans cette pièce, votre Majesté.
- Cela n’aurait pas été la première fois qu’une créature étrange s’immisce ici. Leur prudence est compréhensible. Approchez-vous que je vous regarde de plus près.

Hoël fit quelques pas vers le Haut Roi et celui-ci le dévisagea. L’homme semblait entre deux âges et quelques cheveux blancs avaient fait apparition au niveau des tempes. Sa peau marquée par le soleil était ridée et seuls ses yeux verts pétillants d’intelligence semblaient contrastaient à ce corps à bout de souffle.

- Je vous souhaite la bienvenue au palais Hoël. Avez-vous déjà réfléchi à ce que vous allez me demander ?
- Oui, votre Majesté.
- Et de quoi s’agit-il ?
- Vous le saurez ce soir lors du dîner, votre Majesté.

Arthur rit, c’était bien la première fois qu’on refusait de répondre à l’une de ses questions de cette façon.

- Allons, allons, ça ne se fait pas de répondre ainsi au Roi.
- Vous-même ne me traitez pas d’égal à égal, votre Majesté, ne suis-je pas votre Roi d’un Jour ?
- Vous n’avez pas tort. Donnez-moi un indice, au moins, que je puisse tenter de deviner le souhait que vous espérez voir exaucé.

Hoël sembla réfléchir un instant puis fit un grand sourire à Arthur.

- D’accord, voici mon indice : “Quoi que je puisse vous dire, vous ne devinerez jamais”.
- Ce n’est pas un véritable indice.
- Je n’ai rien de mieux à vous offrir. Qui plus est, j’ai été envoyé ici dans un but bien précis, il semblerait que nous devions nous présenter à votre peuple, je n’ai pas tout à fait saisi les propos de vos gardes. Il faut dire que ce n’est pas évident de parler avec cette espèce de cotte de mailles qui remonte ainsi sur leur cou.
- Je suis censé vous remettre une espèce de fausse couronne que vous allez arborer toute la journée. Un peu comme un couronnement classique, sauf qu’il se fera sur un balcon donnant sur la ville et que vous n’aurez pas tout à faire les mêmes pouvoirs que moi.
- Cela me convient tout à fait. Je trouverais épuisant d’avoir à subir vos responsabilités ne serait-ce qu’une journée.
- Etes-vous toujours aussi franc ?
- Saurez-vous toujours le tolérer ?

Arthur esquissa un sourire.

- Pour l’instant la question ne se pose pas. Suivez-moi que nous nous occupions de cette farce.
- Je me disais bien qu’il était étrange de la part d’un Roi celte de suivre avec plaisir les coutumes chrétiennes.

Arthur ne sut pas comment répondre à cela, cela faisait bien longtemps que le sujet de ses croyances n’avait pas été évoqué et il ne se sentait pas vraiment à l’aise à l’idée d’en parler. Évitant la discussion, il avança dans les couloirs jusqu’à arriver là où aurait lieu le simulacre de cérémonie. Il invita Hoël à venir auprès de lui et de quelques chevaliers qui avaient bien voulu se prêter au jeu.

- Saluez la foule en souriant.

Joignant le geste à la parole, Arthur montra l’exemple. Hoël le rejoignit et s’appliqua à l’imiter jusqu’à ce que le Haut Roi estime qu’il en avait suffisamment fait et s’éloigne de la balustrade.

- Agenouillez-vous à présent.

Hoël obéit à nouveau et reçu sur la tête une couronne forgée dans un métal léger de couleur argentée. Arthur parla d’une voix forte afin que chacun puisse l’entendre.

- Hoël, Roi d’un Jour, prend à présent ses fonctions. Longue vie au Roi !
- Longue vie au Roi ! Longue vie au Roi !

Hoël se redressa et salua de nouveau le peuple qui reprit en coeur les propos du Haut Roi. Petit à petit la foule se dispersa afin de profiter des différents stands toujours présents en ville tandis que les deux Rois et les chevaliers retournaient dans la salle du banquet. Alors qu’ils marchaient, Hoël se rapprocha d’Arthur.

- Alors ? Avez-vous deviné, votre Majesté ?
- J’ai bien réfléchi, je pense que vous n’allez pas me demander un bien physique que je puisse vous donner. Ce serait trop commun.
- Que pourrais-je donc vous demander alors ?
- Mmh.. Peut-être d’aider quelqu’un d’autre.

Hoël esquissa un sourire.

- On dirait que vous n’allez rien savoir avant que le moment soit venu.
- J’aurais au moins essayé !
- Votre idée n’était pas mauvaise, votre Majesté, mais comme je vous l’ai dit, vous ne devinerez jamais.
- Je vais continuer de chercher.
- En ce cas, faisons un petit pari. Si vous trouvez, vous ne serez pas obligé de respecter votre engagement concernant ce souhait, mais si vous perdez, j’aurai le droit de demander deux choses.
- Vous allez attiser mon envie de découvrir ce que vous tramez.
- Je suppose que c’est une façon comme une autre de dire que vous acceptez de jouer.
- Cela fera au moins une chose divertissante dans la journée.
- Alors faites vite, car le banquet approche. Et ne vous avisez pas de retarder l’heure de l’annonce.
- Tricher ne fait pas parti de mes habitudes.

Arthur s’assit à sa place qu’il avait atteint durant la discussion.

- Vous désirez que j’épouse votre fille.
- L’idée aurait pu être amusante, mais non, je tiens bien trop à ma fille pour ça. Elle mérite mieux qu’un époux qui serait présent pour elle seulement quelques heures dans l’année, votre Majesté.
- Quelle mauvaise langue vous pouvez être.

Mais Arthur souriait, ravi de voir quelqu’un lui parler enfin normalement. Il n’avait pas de mal à saisir les taquineries de son comparse et commençait à se dire que sa présence allait lui manquer après son départ.

- Ah si tout le monde pouvait être comme vous Hoël, régner serait beaucoup plus amusant !
- Allons, c’est un peu de votre faute aussi si tout le monde respecte le protocole, votre Majesté. Il ne tient qu’à vous de changer les choses en vous appliquant à pousser les gens à vous traiter avec franchise et respect. Ces deux qualificatifs ne sont pas opposés.
- Cela mérite réflexion. Vous voulez que je fasse votre fortune ?
- Non, vous n’y êtes toujours pas.
- Cela s’applique à vous ou à quelqu’un d’autre ?
- Cessez de demander des indices. Par ailleurs, je crois bien que vos chevaliers essaient d’attirer votre attention.
- Ils veulent seulement que j’annonce le début du banquet.

Arthur fit un geste vaste de la main et un flot de réactions de satisfactions se fit entendre.

- Maintenant revenons-en à nos moutons, ce n’est pas comme si j’avais beaucoup de temps pour gagner mon pari. Vous souhaitez que j’épouse la fille de votre seigneur ou quelque chose dans le genre.
- Êtes-vous à ce point obsédé par le mariage pour que ce soit la seule chose qui vous vienne à l’esprit ?
- Disons que je me charge d’éliminer les possibilités qui me mettraient le plus dans l’embarras.
- Stratégique.
- Vous désirez que j’entre en guerre.
- Loin de moi cette idée.
- Vous allez m’annoncer que vous êtes atteint d’une grave maladie et que vous me confiez votre famille.

Hoël éclata de rire.

- Mais où allez-vous chercher tout ça ?
- Vous voulez devenir Roi à ma place.
- Quelle imagination !
- Vous allez me demander de partir en croisade pour récupérer un objet impossible à atteindre. Ou bien vous allez me demander de tuer une créature quelconque, ou d’emprisonner quelqu’un.
- Vous avez réellement de drôles de préoccupations.
- Vous me promettez que rien de tout ceci ne me sera demandé, que ce soit pour votre premier souhait ou pour votre second si je perds ce pari ?
- Vous allez le perdre assurément mais oui, je vous le promets si cela peut soulager votre inquiétude.

Arthur prit quelques secondes pour sonder son interlocuteur puis se leva.

- Je crois qu’il est temps de demander à notre Roi d’un Jour ce qu’il souhaite.

Hoël se leva à son tour et sourit au Haut Roi.

- Je pense vous avoir fait languir suffisamment longtemps pour vous éviter d’attendre, votre Majesté.

Ses propos provoquèrent quelques rires, leur pari et leur discussion tout au long du repas n’avait échappé à personne.

- Ce que je désire, votre Majesté, c’est rester une semaine à vos côtés.